Sobriété foncière : le rapport de l’IGF confirme le rôle stratégique des EPF

Sobriété foncière : le rapport de l’IGF confirme le rôle stratégique des EPF

Publié au printemps 2026, le rapport de l’Inspection générale des finances consacré à l’évaluation des conséquences de la sobriété foncière sur l’économie de l’aménagement dresse un constat clair : la trajectoire de réduction de l’artificialisation des sols conduit à un changement profond du modèle économique de l’aménagement, en substituant progressivement aux logiques d’extension urbaine des opérations plus complexes de renouvellement urbain, de recyclage foncier et de réinvestissement du « déjà-là ».

Dans ce nouveau contexte, le rapport souligne le rôle central des opérateurs publics capables d’intervenir sur des opérations longues, risquées et techniquement complexes, au premier rang desquels figurent les établissements publics fonciers. L’annexe consacrée à l’ingénierie territoriale rappelle ainsi que les EPF accompagnent les collectivités dans la définition de leurs stratégies foncières, la mobilisation du foncier et le recyclage des espaces déjà urbanisés afin de limiter l’artificialisation des sols et de favoriser le développement durable des territoires.

Le rapport insiste également sur l’importance du portage foncier assuré par les EPF, qui permet aux collectivités de sécuriser très en amont les terrains nécessaires à la réalisation de projets de logements, de renouvellement urbain, d’activités économiques ou encore de préservation des espaces naturels et agricoles. Cette capacité à acquérir et porter temporairement du foncier apparaît comme un levier essentiel pour maîtriser les coûts fonciers dans un contexte de raréfaction des terrains disponibles.

L’IGF formule d’ailleurs plusieurs recommandations allant directement dans le sens d’un renforcement des outils fonciers publics : pérennisation des aides au recyclage des friches, développement du proto-aménagement, création de dispositifs de portage foncier de long terme ou encore achèvement de la couverture du territoire national par les établissements publics fonciers. La mission rappelle ainsi que près de 95 % de la population française est aujourd’hui couverte par un EPF, tout en identifiant plusieurs territoires où cet outil demeure absent.

Pour les EPF Locaux, ce rapport constitue une reconnaissance importante du rôle qu’ils jouent déjà quotidiennement auprès des collectivités pour rendre possible la sobriété foncière, le recyclage urbain et la reconquête des friches. Alors que les objectifs du ZAN conduisent à transformer durablement les pratiques d’aménagement, le renforcement des capacités d’intervention foncière apparaît plus que jamais comme une condition de réussite de cette transition.

Accéder au rapport : cliquer ici